La sécurité dans une relation de soumission sexuelle

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A partir du moment où l’on créé un blog sur la relation maître-soumise, forcément, c’est pour encourager les autres à vivre cette expérience. Et pourtant, c’est un jeu qui peut être dangereux. On pensera immédiatement aux conséquences d’un fouettage trop musclé, et qui peut finir à l’hôpital. Ou pire, d’une strangulation trop longue… C’est glauque, et on est à 1000 lieues d’une pratique censée donner du plaisir. Et les dangers physiques sont bien moindres face aux dangers psychologiques, alors lisez bien ce qui suit.

Repousser sans cesse ses limites dans la soumission sexuelle

N’oubliez jamais que c’est un jeu. Donc vous incarnez un personnage et vivez une aventure. Mais tout le monde a des limites. C’est bien courageux d’essayer de les repousser, voire de les ignorer, mais n’oubliez jamais votre but en tant que femme soumise : le lâcher-prise, l’abandon entre les mains de votre maitre.

Si vous lui faites confiance, si ce qu’il vous demande est faisable, mais que cela vous fait mal, vous êtes seule juge pour accepter ou non. Si vous y arrivez, vous serez fière, et votre maître saura vous gratifier. Si vous refusez, il y a sortie du jeu : il n’y a plus ni maître ni esclave, plus de personnages mais 2 acteurs qui se parlent à égalité. Et qui discutent du problème qui vient de se poser. Dans ce cas, je vous conseille de recommencer vite la soumission sexuelle, si vous en avez envie : le maître connaît maintenant une de vos limites, il en tiendra compte pour plus tard. Et ne soyez pas honteuse, la seule souffrance que vous connaîtrez est d’avoir (peut-être) déçu votre maître. A lui de gérer cette situation au mieux et de vous rassurer. L’échec est toujours constructif en SM.

Safeword

La femme soumise doit pouvoir exprimer ce qu’elle ressent, elle participe beaucoup au jeu et à la relation qui se créé. Mais quelques fois, c’est pour demander à ne plus jouer. Elle utilise alors le « mot de sécurité », ou une « action de sécurité ».

Choisissez le mot que vous souhaitez : orage, rouge, prénom du maître, stop, etc… Quelques fois, on ne peut pas parler (bâillon, etc…), alors souvent on utilise un objet bruyant qu’on lâche (clés, etc…).

Inutile de préciser que le maître a obligation d’arrêter immédiatement s’il entend le safeword. Immédiatement. En Shibari, bondage avec des cordes, cela signifie qu’il coupe ses cordes avec les ciseaux (qu’il a toujours à côté de lui, évidemment, sinon pitié, qu’il arrête de faire du Shibari). Bref, on se répète mais safeword = arrêt immédiat. La soumise est au courant de ça bien sûr, donc elle ne prononce pas le safeword parce qu’elle a envie d’aller aux toilettes 😉

Le demi safe word

Il faut bien avouer, le safeword prononcé en séance a l’effet d’une douche froide et casse l’ambiance. Aussi, on peut ajouter un safe word plus doux, car exemple : pluie, orange, « ralentis », etc… et qui signifie qu’on atteint les limites. On sort un peu du jeu, mais pas complètement.

Le maître peut aussi demander où la soumise se situe, par exemple « couleur ? ». Si elle répond « jaune foncé » c’est qu’elle n’est pas loin de l’orange. Bon, je ne suis pas fan, on sort un peu du jeu, comme si 1 comédien sur scène demandait à l’autre, en pleine scène : « ça va ? »…

Les zones dangereuses dans la soumission sexuelle

Le cou

C’est tout simplement terre interdite. Des bisous un peu appuyés, éventuellement. Si une corde doit passer autour du cou, elle passe derrière, et évidemment jamais elle ne l’entoure. Si vous recevez un collier Mesdames, assurez-vous qu’un doigt s’y glisse aisément. Si ce n’est pas le cas, sortez du jeu et dites-le à votre maître (et posez-vous des questions pour changer de maître).

Les poignées

Comme c’est joli ces petites menottes en fourrure… Sauf que trop fermées, elles appuient sur un des endroits où la peau est la plus fine, sans muscle, en prise directe avec les tendons et les cartilages. Donc oui à l’immobilisation, mais comme pour le collier, un doigt peut s’insérer. Idem pour les genoux au passage, ainsi que les pieds.

L’aine

C’est la partie entre le tronc et la cuisse. Etant proche du sexe, c’est une zone où beaucoup de maître s’aventurent, alors que toute compression est à éviter fortement.

La colonne vertébrale

A-t-on besoin de le préciser ? Jamais on ne frappe sur la colonne.

Abandon de la femme soumise dans les jeux de soumission sexuelle

Laissez sa soumise dans un coin de l’appartement, en début de séance pour mieux « entrer dans le jeu », ou en cours de séance pour l’humilier, c’est sympa. Mais c’est un moment critique : un bâillon trop serré, par exemple, et c’est un risque de vomissement, avec les conséquences qu’on imagine. Entraver avec des cordes et partir, c’est complètement irresponsable.

Drogues

Jamais de drogues en SM, il y a bien assez de sensations comme ça. Un maître drogué peut faire n’importe quoi, alors que 100% de sa concentration doit être focalisé sur le plaisir de sa soumise.

L’emprise psychologique du maître dans la soumission sexuelle

Même soumise une femme reste maîtresse de ses sentiments. Certains maîtres abusent de leur rôle pour exercer un contrôle totale sur leur soumise. C’est alors un dominant abusif, on verra comment les reconnaître, mais en gros : il n’est pas là pour vous, mais pour lui.

Alors que la relation de domination s’appuie sur des concepts de respect, de sécurité et de confiance mutuelle, ce genre de maître s’adonne à de la maltraitance psychologique, et des agressions sexuelles. Ils profitent de la méconnaissance de la relation SM de leur partenaire pour leur imposer leur vision unilatérale et en profiter. Ils leur expliquent que « le SM c’est comme ça, fais-moi confiance ».

C’est toxique, c’est un maître qui abuse de sa position. N’oubliez jamais que c’est un jeu, et que ce jeu doit vous plaire. La relation avec son maître doit transpirer la sensualité, et surtout pas l’agression.