Shibari : La soumise entravée avec des liens

On parle couramment de « bondage », c’est-à-dire un attachement d’un partenaire, dans un cadre ludique et souvent sexuel. On trouve deux courants principaux : l’américain, avec des ustensiles type foulard, rubans, etc.. Et l’influence japonaise, avec le Shibari.

Pourquoi Shibari est une pratique courante et source de plaisir pour la soumise ?

Le plaisir est celui de la soumission, et le pendant pour le maître celui de l’autorité. La soumise a ainsi la possibilité qu’on lui fasse des choses inhabituelles, tout en se sentant en confiance. La soumise cherche la liberté en se soumettant, en offrant à son maître son corps, et toute sa volonté. C’est assez paradoxal, mais cette soumission la libère, simplement parce qu’elle a la possibilité de le faire. En lâchant prise, en ne prenant plus aucune décision, la soumise s’en remet à son maitre, qui décide pour elle. Et ce qui cristallise le mieux cet abandon, ce sont les liens que resserre le maître sur sa soumise. Une fois complètement attachée, sans possibilité de bouger, les soumises ont un sentiment infini d’abandon et l’impression d’être offertes à leur maître.

Les outils de Shibari que l’on peut exploiter

Le bondage commence quand l’homme contraint sa femme en lui tenant les mains. Par exemple, en levrette, l’homme rassemble sur le dos de sa femme ses 2 mains, la contraignant à se cabrer et poser son visage au sol. Autrement dit, quasiment tout le monde l’a fait !
Si vous souhaitez aller plus loin, c’est à l’infini, soyez imaginatif : scotch, cordes, sac, muselières, corsets, menottes, chevillières, latex… La limite, c’est votre imagination et la sécurité (on y reviendra, car c’est réellement dangereux).

Si le maître décide, par exemple, d’immobiliser contre un radiateur sa soumise avec sa ceinture, la soumise sera ravie de cette imagination et son usine à fantasmes fonctionnera à 200 à l’heure. Beaucoup plus qu’un bondage classique, les mains dans le dos, debout, avec une corde.

Le Shibari, la discipline reine du bondage

C’est une vieille pratique ancestrale qui vient de l’art d’immobiliser les prisonniers. Aujourd’hui, l’art a lentement dérivé, et le Shibari moderne (parlons en sur le forum) conjugue à la fois un grand esthétisme et une belle efficacité.
Il faut des mois de cours pour produire un bondage japonais « correct ». Quant aux suspensions féériques que l’on voit dans certains livres d’art, sachez qu’il nécessite un expert et plusieurs assistants, ainsi qu’un modèle initié et patient. La préparation demande des heures, pour une photo rapide. Donc soyez modeste.

Quels liens choisir pour immobiliser sa soumise ?

Je vous conseille des cordes en coton, pas trop extensibles (sinon elles serrent trop fort). En soie c’est encore mieux, mais cher. Et sinon les cordes en jute, traditionnelles, qui demandent un peu de préparation. Cherchez sur Internet, c’est très facile à faire, et ça prend 10 minutes pour obtenir une douceur de toucher très agréable.

La soumise immobilisée peut ainsi se faire pénétrer ?

Pas forcément, ce n’est pas le but ! Même s’il toujours agréable de montrer que l’immobilisation met la soumise à la merci de son maître.
Le bondage est souvent très excitant pour la femme, et donc un bon préliminaire. D’une part, le contact avec des liens est sensuel. D’autre part, l’entrave accélère l’abandon de la soumise aux mains de son maître. Quand la soumise est complètement entravée, elle ne peut rien faire d’autre que de tout lâcher (ou alors de s’affoler, mais ça reste un jeu).
La possibilité est souvent plus puissante que l’acte lui-même. Pour le maître aussi, savoir qu’il peut faire ce qu’il veut de sa soumise est très excitant : c’est un contrôle total sur une demoiselle en détresse, la plupart du temps qui est nue, les orifices offerts, et souvent bâillonnée, sans pouvoir protester.

L’apprentissage des techniques d’immobilisation et de Shibari

Je vous conseille de prendre des cours de shibari. Vous y apprendrez l’essentiel de la sécurité dans les jeux sexuels, et la base de tout le bondage : nœuds simples, techniques basiques, etc… Il y a de nombreuses écoles en France, souvent des associations.
Vous trouverez aussi des vidéos sur Internet.

La sécurité en Shibari

Avec le bondage, le « safeword » dont on a parlé dans la partie sécurité est fondamental ! C’est souvent en effet avec des liens qu’on peut se blesser : articulations, cisaillement et étouffement. N’oubliez pas : si vous êtes bâillonnée, votre maître doit vous confier un objet que vous lâcherez en cas de problème. Et n’ayez pas peur de décevoir votre maître : une douleur trop vive en bondage est absolument anormale, réagissez immédiatement.
Petite note sur l’étouffement : contraindre la respiration est tentant, car la soumise est obligée de se concentrer et de s’abandonner rapidement. Sauf que c’est très dangereux, et donc à éviter pour les débutants.
Les zones qui ne doivent pas être serrées par des liens : articulations, cou, aine, visage (front éventuellement). Une erreur classique est donc d’immobiliser les poignets en serrant fort : il n’y a presque pas de chair à cet endroit, avec des articulations fragiles juste sous la peau. Si on doit le faire, il faut pouvoir glisser sous le lien au moins 1 doigt.

Enfin, dernière recommandation, une immobilisation ne doit pas dépasser 10-15 minutes, tout compris.